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Cameroun : un appel national pour vaincre paludisme, VIH et tuberculose

CARINE MAFEUC

CARINE MAFEU

20 juin 2026 à 10h00

5 min
Cameroun : un appel national pour vaincre paludisme, VIH et tuberculose

Face au poids du paludisme, du VIH/Sida et de la tuberculose, le Cameroun appelle à une mobilisation nationale. Les résultats des financements du Fonds mondial et d'Expertise France montrent des avancées majeures, mais des défis importants demeurent.

La bataille contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose demeure l'un des plus grands défis sanitaires du Cameroun. Malgré des avancées significatives enregistrées ces dernières années grâce au soutien des partenaires internationaux, ces trois maladies continuent d'affecter des millions de personnes et de peser lourdement sur le système de santé national. C'est dans ce contexte qu'a été organisée, le 18 juin, la première édition de la Journée portes ouvertes consacrée à la lutte contre ces pathologies majeures.

Placée sous le Haut Patronage du Premier ministre, Chef du Gouvernement, cette rencontre a réuni décideurs publics, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile, parlementaires, diplomates et professionnels de la santé autour d'un objectif commun : évaluer les progrès accomplis, identifier les défis persistants et renforcer l'engagement national en faveur de l'élimination de ces maladies.

Des résultats encourageants grâce aux financements internationaux

Organisée sous le thème de la performance et de la redevabilité, cette journée a permis de mettre en lumière les résultats obtenus grâce aux investissements du Fonds mondial et de l'Initiative Expertise France.

Depuis plusieurs années, ces partenaires soutiennent les programmes nationaux de lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose. Leurs financements ont contribué à renforcer considérablement les capacités de prévention, de dépistage et de prise en charge des patients sur l'ensemble du territoire.

Parmi les réalisations les plus marquantes figure l'introduction du vaccin antipaludique dans 42 districts de santé. Cette innovation représente une avancée importante dans la protection des enfants contre l'une des maladies les plus meurtrières du continent africain.

Les investissements ont également permis de consolider la gratuité des soins destinés aux enfants de moins de cinq ans, une mesure essentielle pour réduire la mortalité infantile liée au paludisme. Dans le même temps, les programmes de dépistage du VIH ont été renforcés, tandis que les dispositifs de diagnostic et de détection de la tuberculose ont connu une amélioration significative.

Un lourd fardeau sanitaire qui persiste

Malgré ces progrès, les chiffres témoignent de l'ampleur des défis à relever.

Le paludisme demeure la principale cause de consultation dans de nombreux établissements de santé du pays. En 2025, près de 2,94 millions de cas ont été recensés au Cameroun. Cette maladie a entraîné 1 261 décès au cours de la même période, dont plus de 900 concernaient des enfants âgés de moins de cinq ans.

La tuberculose continue également de représenter une menace importante pour la santé publique. Son incidence est estimée à 132 cas pour 100 000 habitants, révélant la nécessité de poursuivre les efforts de dépistage précoce et de prise en charge des malades.

Concernant le VIH/Sida, la prévalence nationale chez les personnes âgées de 15 à 49 ans reste comprise entre 2,6 % et 2,7 %. Chaque année, environ 21 000 nouvelles infections sont enregistrées, démontrant que la lutte contre cette pandémie reste une priorité absolue.

Ces statistiques rappellent que les avancées obtenues, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas encore à inverser durablement la tendance.

Les obstacles à surmonter pour consolider les acquis

Au cours des échanges, les responsables des différents programmes sanitaires ont souligné plusieurs défis susceptibles de freiner les progrès enregistrés.

L'une des préoccupations majeures concerne la question du financement durable des interventions. Si les partenaires internationaux continuent de jouer un rôle essentiel, les acteurs du secteur de la santé insistent sur la nécessité de renforcer les mécanismes nationaux de financement afin de garantir la continuité des programmes sur le long terme.

La stigmatisation associée au VIH/Sida demeure également un obstacle important. Dans certaines communautés, la peur du rejet social continue de décourager le dépistage précoce et l'accès aux soins, compliquant ainsi les efforts de prévention.

À cela s'ajoutent les conséquences des crises humanitaires et sécuritaires qui affectent certaines régions du pays. Ces situations perturbent l'accès aux services de santé et compliquent la prise en charge des populations les plus vulnérables.

Les communautés au cœur de la réponse sanitaire

L'un des messages forts issus de cette rencontre concerne le rôle déterminant des communautés dans la lutte contre les trois maladies.

Les participants ont insisté sur l'importance d'impliquer davantage les organisations communautaires, les associations locales et les leaders d'opinion dans les actions de sensibilisation, de prévention et d'accompagnement des personnes affectées.

Grâce à leur proximité avec les populations, ces acteurs disposent d'une capacité unique à promouvoir les comportements favorables à la santé, à combattre les idées reçues et à encourager le recours aux services médicaux.

Cette approche communautaire apparaît aujourd'hui comme un levier essentiel pour accélérer les progrès vers l'élimination du paludisme, du VIH/Sida et de la tuberculose.

Un engagement collectif pour bâtir le système de santé de demain

Au terme de cette première Journée portes ouvertes, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur détermination à poursuivre les efforts engagés. Pour le ministre de la Santé publique, les résultats obtenus démontrent que les investissements réalisés produisent des effets concrets sur le terrain.

Toutefois, la consolidation de ces acquis exige une implication renforcée de tous les acteurs : pouvoirs publics, partenaires internationaux, professionnels de santé, organisations communautaires et citoyens.

Dans un contexte où les défis sanitaires demeurent nombreux, le Cameroun mise sur une solidarité nationale accrue pour protéger les populations et construire un système de santé plus résilient. Le message porté lors de cette rencontre est clair : la lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose ne peut être gagnée que par une mobilisation collective et durable.

L'avenir de la santé publique dépend désormais de la capacité de chacun à contribuer à cet effort commun.

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